vendredi 9 décembre 2016

JOURNÉE DE LA FAMILLE À LA BASE DE MANIWAKI

Vous avez toujours désiré présenter à vos proches votre lieu et votre équipe de travail?

C’est exactement ce que les employés de la base de Maniwaki ont fait le 23 août dernier. Parents, enfants, petits-enfants, conjoints et conjointes ont participé à cette toute première journée de la famille.

Dès 9 h, les visiteurs ont été accueillis dans la salle de réunion. Ils ont assisté à une présentation sur la SOPFEU adaptée à tous les groupes d’âge.

Ensuite, le groupe a visité les bureaux, la base terrestre et le Centre régional de lutte. Ils ont pu voir les outils de planification utilisés de la détection à la suppression des incendies de forêt. La visite s’est poursuivie à l’entrepôt où les visiteurs en ont appris davantage sur différents lieux de travail tels que la salle qui permet de tester les tuyaux, l’atelier de réparation de tuyaux, l’atelier d’entretien des outils manuels, l’atelier mécanique, la salle de couture ainsi que l’aire d’expédition.

Pour le dîner, tous les visiteurs ont pu participer à un BBQ. Un événement très convivial pour les grands comme les petits.

À la fin du repas, Stéphane Martel, chef de base, a conscientisé les familles sur leur rôle dans la santé et la sécurité des employés. Chaque employé a ensuite complété un contrat d’engagement avec sa famille. 

Pour terminer, une équipe de pompiers forestiers a simulé une attaque initiale héliportée. Les visiteurs ont été impressionnés de voir les pompiers à l’œuvre lors de l’arrivée de l’hélicoptère, de l’installation de la motopompe et de l’arrosage du feu. Nul besoin de mentionner que les petits avaient des étoiles dans les yeux lorsqu’ils ont pu tenir la lance et s’asseoir dans l’hélicoptère.

Somme toute, cette expérience a été enrichissante pour les quelque 60 visiteurs. Chacun semblait comblé d’en avoir appris autant sur le quotidien de leur proche. Par la même occasion, les employés ont été très fiers de pouvoir montrer la complexité et l’importance de leur travail.

SUR LES TRACES DE L’HISTOIRE DE LA SOPFEU


Depuis l’été 2015, le Service de la prévention et de l’information s’est lancé dans le projet ambitieux de documenter l’histoire de la SOPFEU. Cette histoire, riche de vingt-deux années d’expérience dans la protection des forêts québécoises, ne résidait pour l’instant que dans la mémoire de ceux qui l’ont vu naître et grandir et dans les rapports annuels de l’organisation. Ainsi, aucun document ne recensait le développement de la SOPFEU, de ses débuts en 1994 jusqu’à maintenant. 


La démarche entreprise visait donc à documenter dans un premier temps les motivations qui ont mené à la création de la SOPFEU et, de ce fait, à la fusion des sept sociétés de conservation de l’époque. Les recherches effectuées approfondissent les démarches et les consultations qui ont été nécessaires à ce grand projet. À partir des témoignages de ceux qui ont contribué à la mise en place de la Société, elles font également état des bénéfices et des difficultés qui en ont résulté. Finalement, elles dressent le portrait de tout ce qui a été accompli au cours des années et des défis qui restent encore à relever.


Pour réaliser ce projet, une première cueillette d’information a été réalisée à partir des rapports annuels afin de faire ressortir les événements marquants de chaque saison ainsi que les développements et évolutions qui ont touché l’organisation à travers les années. Ces recherches ont par la suite été bonifiées à l’aide d’un sondage auprès d’employés présents lors de la fusion des sept sociétés de conservation. De plus, pour enrichir les informations recueillies et pour agrémenter les textes de contenus vidéo, des entrevues ont été réalisées auprès d’employés de toutes les bases. Cette démarche a permis de capter jusqu’à maintenant 18 entrevues et plus de 15 heures de contenu vidéo. Ces rencontres se poursuivront durant l’hiver. Des demandes d’archive ont aussi été faites auprès de Radio-Canada afin de documenter les incendies majeurs qu’a eu à combattre la SOPFEU. 


Les premiers résultats de cette démarche ont été présentés aux employés lors de la réunion générale d’automne. Les textes regroupés sous la forme d’un journal leur ont permis d’en apprendre davantage sur la création et l’évolution de leur organisation. Nous vous invitons à consulter ces textes qui sont  disponibles en cliquant ici!

PLAN DE PRÉVENTION 2016-2019 : UN PREMIER BILAN

Bien que la saison 2016 n’ait pas été marquée par de grandes superficies de territoires forestiers affectées par le feu, il n’en demeure pas moins que les feux de cause humaine sont des problématiques récurrentes. Comme le démontre ce graphique, près de 70 % des feux où la SOPFEU est intervenue cette année sont liés à des activités de récréation et des feux de résidents. 



Échelonné sur quatre ans, la saison 2016 marquait la première année du nouveau Plan de prévention. À ce titre, quatre enjeux ont été retenus pour diminuer les feux de cause humaine.

Les brûlages printaniers 
Nous avons étudié les règlements de brûlage des municipalités à risque dans le but de peaufiner un document d’information permettant de proposer des solutions d’amélioration aux municipalités identifiées. Pour 2017, les municipalités les plus à risque ont été ciblées et des séances d’information et de prévention sont prévues pour le printemps prochain. Les régions problématiques sont la Montérégie, le Centre-du-Québec, l’Estrie, les Laurentides, Lanaudière et l'Outaouais.

Les activités récréatives 
Afin d’atteindre nos objectifs, nous avons dressé une liste des partenaires qui seront amenés à nous aider dans la prévention des incendies. Pour 2017, nos outils de prévention seront encore à l’honneur comme le sac à eau et l’allume-feu.

Les plateformes technologiques  
Annuellement, nous montons des campagnes d’éducation et de sensibilisation sur Facebook et Twitter. Ces interventions nous permettent de toucher rapidement notre public cible en plus d’interagir rapidement avec eux.

La communication interne  
Nous avons déposé en 2016, un plan de communication interne destiné à tout le personnel dans le but d’expliquer nos objectifs et actions en matière de prévention. 



UN DANGER D’INCENDIE PLUS PRÉCIS


À compter du printemps prochain, le danger d’incendie aura cinq indicateurs afin d’offrir une meilleure représentativité de la situation en forêt. Désormais, une classe « Très élevé » sera présente avant d’en arriver à un indice « Extrême ». Ce changement survient à la suite d’une rencontre entre les différentes provinces et territoires du Canada qui ont décidé d’arrimer leur façon de présenter le danger d’incendie.

Lors de la saison 2017, vous verrez donc de nouveaux panneaux d’inflammabilité à travers le Québec. Ces changements seront également effectués sur le site Internet, les applications mobiles et les bannières de nos collaborateurs.

Un changement qui, nous l’espérons, saura renseigner davantage les utilisateurs de la forêt et prévenir les feux de cause humaine.

L’AÉROPORT DE MATAGAMI ESSENTIEL POUR LA PROTECTION DES FORÊTS NORDIQUES


La Société de protection des forêts contre le feu a vécu une situation contraignante en mai dernier alors que des dénivellations importantes sur la piste de l’aéroport de Matagami ne permettaient plus une opération sécuritaire des avions-citernes et des avions d’aéropointage qui y sont normalement déployés au cours de l’été. Seuls les avions de détection aérienne étaient autorisés à utiliser la piste.

Afin de minimiser l’impact sur le combat des incendies, des mesures de mitigation ont été rapidement mises en place. Dès que le degré d’inflammabilité augmentait dans cette région, des hélicoptères ainsi que des équipes de pompiers forestiers y étaient déployés. Dans les bases d’avions-citernes de Val-d’Or et de Chibougamau le niveau d’alerte était également augmenté.

Les forêts de conifères au nord du Québec sont très vulnérables au feu. Il est primordial d’y intervenir avec une attaque initiale rapide et forte. L’utilisation des infrastructures de l’aéroport de Matagami est essentielle pour atteindre ces objectifs. Dans cette optique, la SOPFEU a préparé un rapport portant sur l’impact du retrait de la piste de Matagami dans ses opérations. Le document a servi de base de discussions entre la Société et les partenaires.

Cette situation préoccupante a vite fait consensus auprès des intervenants impliqués dans le dossier. Ainsi, il a été possible de devancer les travaux de réfection de la piste qui étaient prévus en 2017. À la fin de l’été, une première phase a permis de restaurer une partie de la piste sur une longueur suffisante pour assurer l’utilisation des avions-citernes et  des avions d’aéropointage sans contrainte dès l’an prochain. La réfection complète se poursuivra à l’automne 2017. 

UN JOYEUX TEMPS DES FÊTES!

À l’approche du temps des Fêtes, je tiens à remercier chaleureusement tous nos membres, nos partenaires et, plus particulièrement, les employés pour leur dévouement envers la Société.

Cette année encore, la SOPFEU a su relever de nombreux défis. Tout d’abord, mentionnons l’étude d’optimisation à laquelle s’est prêté notre personnel avec sa rigueur habituelle. Ensuite, la situation en Alberta a permis aux employés de la SOPFEU de mettre son expertise à contribution dans une province grandement éprouvée. Enfin, la mise en place du Plan stratégique 2016-2019 démontre bien notre volonté à poursuivre nos engagements en matière de protection des forêts contre le feu.

Malgré les contraintes budgétaires, chacun a su faire preuve de créativité afin que notre organisation remplisse le mandat qui lui est confié. Je n’ai aucun doute que les mois à venir entraîneront leur lot de défis et que notre Société sera à même de les relever comme toujours.

Je vous souhaite à tous un heureux temps des Fêtes en compagnie de vos proches et ce sera un plaisir de travailler avec chacun d’entre vous pour l’année 2017.

François Lefebvre ing.f., M.Sc.
Directeur général

mercredi 16 novembre 2016

LE DÉVELOPPEMENT DE LA ZONE DE PROTECTION NORDIQUE

2013
La saison 2013 est marquée par plusieurs événements qui sollicitent fortement les équipes de la SOPFEU. Des équipes de l’extérieur seront d’ailleurs requises pour soutenir la province dans les moments de fortes activités. Le printemps chaud et sec favorise l’éclosion de 159 incendies, dont plusieurs à proximité de zones habitées, causés principalement par des résidents ruraux. Une interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité est d’ailleurs mise en vigueur dès le 6 mai. Il s’agit de la première fois qu’une telle mesure est appliquée aussi tôt en saison. 
Image satellite des grands feux survenus dans le nord du Québec en 2013

La saison est également marquée par des incendies de grande superficie dans la zone de protection restreinte. Deux de ces incendies sont particulièrement marquants. Un feu près de la communauté crie d’Eastmain ravage 501 689 ha de forêt et force l’évacuation de la communauté. Comme le précise Robert Lemay « Le sud de la province connaît des pannes de courant en raison de ce feu. Une équipe de la base de Val-d’Or sera dans la communauté d’Eastmain pendant deux semaines afin de sécuriser les infrastructures du village. » 

En juillet, une seconde évacuation est nécessaire cette fois sur la Basse-Côte-Nord pour la municipalité de Baie-Johan-Beetz. Une mesure de fermeture de la forêt est aussi décrétée par le ministère des Ressources naturelles sur ce territoire. Suivant ces événements, la ministre commandera une étude afin d’améliorer la gestion des feux au nord du 51e parallèle et sur la Basse-Côte-Nord. « Ce sera le début d’un renouveau en ce qui concerne la protection dans la zone nordique » précise Robert Lemay. 

2014
La saison 2014 se situe largement en dessous des moyennes de saison, tant pour le nombre d’incendies recensés (247) que pour les superficies affectées (414 ha). Le printemps tardif contribue à ce petit bilan.En effet, seuls 82 feux sont enregistrés durant la période printanière comparativement à une moyenne de 308 incendies. Dans la zone de protection intensive, un feu dans une tourbière près de Rivière-du-Loup attire l’attention puisqu’il consumera à lui seul près de la moitié des superficies brûlées durant la saison. La SOPFEU intervient également sur sept incendies en zone nordique, dont deux à proximité des communautés de Kuujjuaq et de Schefferville

En raison des événements survenus l’année précédente dans la zone de protection restreinte, la SOPFEU, à la demande du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP), met en place des mesures de protection intérimaires pour la zone de protection nordique de l’Est. La SOPFEU forme une organisation minimale lui permettant d’assurer la prévention, la détection, la surveillance et l’intervention lorsque des feux menacent des communautés sur le territoire de la Minganie, du golfe du Saint-Laurent, de Fermont et de Schefferville. Une entente est également conclue pour la protection de ce territoire entre le MFFP, Hydro-Québec et les Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC). Les particularités de la zone nordique continueront d’être étudiées dans les années subséquentes afin de clarifier le rôle de la SOPFEU. 

2015
La saison 2015 s’avère assez calme pour la SOPFEU qui intervient sur un total de 365 incendies en zone de protection intensive et 400 ha de forêt sont brûlés.

En raison du contexte économique difficile, la SOPFEU doit à nouveau chercher des moyens pour compresser davantage ses dépenses. Un comité est formé afin de poursuivre la révision de ses modes d’opérations et de ses processus dans le but d’identifier des pistes d’amélioration possibles.

La SOPFEU poursuit ses démarches d’élaboration et de déploiement du plan d’intervention spécial pour la zone nordique. Celui-ci identifie entre autres les valeurs à protéger et les types d’interventions à privilégier en cas de feux de forêt. En tout, 19 incendies y sont enregistrés et 4 980 ha brûlés. Une rencontre de planification bihebdomadaire pour la zone nordique est également ajoutée aux pratiques de la Société. 

En plus de vingt ans d’activité, la SOPFEU a connu plusieurs saisons mémorables de lutte contre les incendies de forêt, que ce soit sur le plan du nombre d’incendies, des superficies brûlées ou encore en raison d’événements extraordinaires. Chaque année, une nouvelle page s’ajoute à cette organisation qui continue d’évoluer et de se développer à travers les saisons.

Matériel de prévention développé en 2015 afin de sensibiliser les campeurs aux étapes à respecter lors d’un feu de camp


LES SAISONS SE SUIVENT ET NE SE RESSEMBLENT PAS

2006
La saison 2006 s’avère beaucoup plus calme que la précédente. La zone de protection intensive connaît 623 incendies qui brûlent 13 768 ha, une superficie nettement en dessous de la moyenne des 10 dernières années. L’intervention de ressources de l’Ontario et des États-Unis est tout de même requise à quelques occasions pour le combat des incendies, entre autres durant la période du 5 au 21 juin. Plusieurs milliers de coups de foudre s’abattent alors sur le Québec. Le 8 juin, 113 incendies sont combattus, ce qui en fait la journée la plus occupée de la saison. Une seconde période d’activités plus intense touche principalement la région de Val-d’Or à la mi-juillet. Cependant, des précipitations aident la SOPFEU à maîtriser rapidement la situation.

Campagne de prévention lancée de 2005 à 2008

Plusieurs initiatives sont mises en place durant l’année afin de réaliser les différents objectifs organisationnels. À la suite des travaux effectués par le comité mandaté pour se pencher sur les modes de financement, des recommandations sont formulées à l’attention du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) concernant l’élargissement du financement de la SOPFEU à d’autres clientèles. Un projet pilote est aussi mis en place pour permettre le reboisement manuel lors des mesures préventives. Les entreprises sylvicoles doivent alors signer un protocole d’entente les engageant à respecter les normes de prévention et à mieux sensibiliser leurs employés. 

2007
Après une saison plus calme en 2006, l’année 2007 présente de nombreux défis pour l’organisation. Il s’agit en effet d’une troisième saison difficile en l’espace de six ans avec ses 892 incendies qui touchent 278 033 ha de forêt. Deux périodes importantes marquent cette saison. Le mois de mai à lui seul voit s’envoler 80 000 ha de forêt dépassant ainsi la superficie moyenne pour une année. Un feu de 60 000 ha dans la région de Senneterre en Abitibi mobilise alors une grande partie du personnel de la SOPFEU. 

Le mois de juin, quant à lui, est caractérisé par un nombre élevé de feux de foudre. Le temps sec favorise l’éclosion de 128 incendies après le passage d’orages le 12 juin. La saison atteint son point culminant le 16 juin alors que 162 feux sont toujours en activité. Ces deux vagues d’incendies rapprochées contraignent la SOPFEU à recourir à des ressources externes. Pour faire face à cette saison unique, près de 900 personnes de l’extérieur du Québec sont mobilisées, en plus de l’utilisation pendant 124 jours d’avions-citernes venus en renfort de l’Alberta, du Manitoba, de l’Ontario et de Terre-Neuve. La sollicitation de ces ressources externes est cependant onéreuse, ce qui entraîne un questionnement sur la taille de l’effectif de la SOPFEU. Une des préoccupations principales concerne la gestion des feux majeurs. 

2008
L’année 2008 se démarque par le calme de la saison. Avec ses 189 incendies et 133 ha de forêt brûlés, il s’agit de la plus petite saison jamais enregistrée depuis près de 100 ans. 

L’organisation procède également à une réflexion sur le niveau de ses effectifs humains. L’augmentation de la charge de travail connue dans les saisons passées ainsi que les importants coûts liés à l’emprunt de ressources externes motivent ce travail. Un plan de redressement de l’effectif est mis en place pour les deux prochaines années. Le gouvernement du Québec se porte acquéreur des huit avions-citernes CL-415 dont le contrat de location arrivait à échéance, assurant ainsi la stabilité de la flotte utilisée par la SOPFEU. Les questions relatives au financement de la SOPFEU sont toujours présentes. Plusieurs utilisateurs de la forêt bénéficient des retombées du système de protection sans pour autant participer à son financement, ce qui est jugé inéquitable pour les membres actuels. 

2009
La saison 2009 est marquée par une forte période d’activités du 18 au 30 juin. À ce moment, 140 incendies sont combattus dont près de 70 % (96) sont causés par la foudre. Ils brûlent 95 % des 17 948 ha de forêts touchés durant toute la saison. Le 25 juin est la journée la plus active avec 77 incendies en activité. Des ressources de plusieurs États américains ainsi que de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick sont alors mobilisées.

Des travaux parlementaires sont entrepris cette année afin de modifier la Loi sur les forêts. Ces modifications devraient avoir des impacts sur certaines catégories de membres de la SOPFEU. Afin d’assurer le maintien du niveau actuel de protection, un groupe de travail est également formé avec la Direction de l’environnement et de la protection des forêts, la SOPEU et le Service aérien gouvernemental. Son mandat est d’évaluer le nombre optimal d’avions-citernes nécessaires, les quatre CL-215P arrivant à la fin de leur vie. 

2010
La saison 2010 fait partie de celles qui ont le plus marqué le directeur général de la SOPFEU, François Lefebvre. D’importants incendies de foudre sévissent durant cette saison et mènent à des évacuations ainsi qu’à la destruction de plusieurs infrastructures en forêt. Le bilan s’élève à 707 incendies, 223 350 ha brûlés pour des coûts de suppression de 75,1 M$. Le printemps est également marqué par des conditions météorologiques hors du commun qui favorisent l’éclosion de nombreux feux de cause humaine. En avril seulement, 107 de ces incendies sont allumés. Deux records sont également battus pendant la saison par l’incendie du lac Smoky. Par sa superficie de 107 004 ha et sa durée de 105 jours, cet incendie sera le plus important et le plus long de l’histoire de la SOPFEU. 

Deux périodes principales marquent cette saison. Dans un premier temps, les 177 incendies allumés du 26 mai au 4 juin menacent les communautés de Wemotaci, Opitciwan et Manawan ainsi que le secteur de Parent. La seconde vague survient entre le 19 et le 30 juin alors que 84 nouveaux incendies sont découverts. La région la plus touchée est la Haute-Mauricie où se trouvent 68 % des superficies brûlées durant la saison. L’indice de gravité y demeure au-dessus des records enregistrés pendant 46 jours. 
Photo aérienne prise durant la saison de protection de 2010

Une saison de cette ampleur requiert l’aide des autres provinces et États américains. Au total, 725 personnes viennent prêter main-forte au Québec. L’accès en forêt est même interdit dans les secteurs les plus critiques durant deux périodes, soit du 27 mai au 6 juin et du 19 au 30 juin.

2011
La saison 2011 diffère en plusieurs points de la précédente. Bien que des températures chaudes soient enregistrées, la régularité des précipitations permet de limiter le nombre d’incendies de forêt. La SOPFEU combat ainsi 311 incendies pour un total de 2 584 ha décimés. 

En ce qui concerne la structure organisationnelle, la SOPFEU connaît un important changement avec la création d’une direction des opérations régionales. 

2012
Contrairement à l’année précédente, la saison 2012 n’est pas de tout repos. Dans la zone de protection intensive, 762 incendies sont combattus pour un total de 30 463 ha touchés. Dès le mois de mars, 14 incendies affectent la forêt, ce qui représente un record pour la SOPFEU. Les feux de cause humaine sont aussi en hausse avec un total de 512 incendies par rapport aux 394 enregistrés en moyenne. La majorité de l’activité se déroule en mai et en juillet. Le sud-ouest de la province est particulièrement touché en raison de périodes de sécheresse prolongées qui s’abattent sur le secteur.

Plusieurs mesures préventives sont mises en place durant la saison pour une durée totale de 31 jours. Des interdictions de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité sont en vigueur à quatre moments différents et une prohibition d’accès et de circulation en forêt touche un secteur près du réservoir Gouin du 24 au 28 mai. Des renforts de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, du Nouveau-Brunswick, du Maine, du New Hampshire et de Parcs Canada viennent prêter main-forte à la SOPFEU. 

Parmi les innovations marquantes, il est possible de mentionner l’installation d’un système de téléphonie satellitaire dans les avions d’aéropointage ce qui leur permet de communiquer avec les centres régionaux de lutte. Une nouvelle grille de décision est aussi instaurée pour le déploiement des équipes héliportées afin de réduire le nombre de feux en attente d’intervention. Cette initiative permet d’améliorer l’efficacité de la Société en période de feux multiples. Des essais sont également effectués afin de tester l’utilisation de drones dans le cadre des opérations de la SOPFEU, entre autres pour des survols de thermographie.

Les avions de détection sont maintenant munis d’unités de communication et de suivi. Ces unités offrent une précision accrue sur leurs parcours aériens et sur l’emplacement des incendies. Dorénavant, les communications entre le pilote et le centre de suivi de vol se font via satellite.

UNE ANNÉE SANS PRÉCÉDENT

2005
Cette saison est celle de tous les records. Depuis la création de la SOPFEU, il s’agit de l’année où le plus grand nombre de feux a été combattu, soit 1 374 brasiers dont 1 258 dans la zone de protection intensive. Dans cette dernière, des records de superficies sont également atteints avec 386 671 ha brûlés. La météo contribue grandement à ce nombre élevé d’incendies. En effet, l’été 2005 est le plus chaud depuis 1947 et la foudre s’abat à plusieurs reprises sur la province, allumant 722 feux. 

La SOPFEU connaît trois périodes critiques durant cette saison, du 30 mai au 19 juin, du 10 juillet au 20 août ainsi qu’une dernière à la mi-septembre. Comme se le rappelle Robert Lemay, agent à la prévention et à l’information,  « La charge de travail pour la base de Val-d’Or n’a pas vraiment diminué tout au cours des mois. Dès le printemps jusqu’à tard à l’automne, il n’y a eu que peu de 
répit. » Au point culminant de la saison, plus de 1 200 personnes travaillent au combat des incendies, requérant des dépenses de 70,5 M$. Des ressources provenant de plusieurs provinces canadiennes et États américains sont mobilisées pour combattre les incendies en sol québécois. Le combat aérien nécessite, quant à lui, plus de 16 000 heures de vol, ce qui représente le triple du nombre d’heures moyen des 10 dernières années. Au plus fort de l’action, 95 hélicoptères travaillent simultanément au combat. Les 14 avions-citernes utilisés par la 
SOPFEU font plus de 25 000 largages.

Un feu dans le secteur de Chibougamau attire l’attention des médias et de la population. Le premier ministre ainsi que les ministres de la Sécurité publique et des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) se déplacent même sur les lieux afin de rencontrer les autorités locales.

Incendie menaçant la ville de Chibougamau en 2005

Deux comités ad hoc sont formés pendant l’année. Le premier, en réaction au projet de Loi 71, doit rechercher de nouvelles façons d’assurer la viabilité économique de la SOPFEU tout en satisfaisant les membres bénéficiaires qui ont vu leur volume de récolte autorisé diminuer considérablement. Un second comité est quant à lui mandaté de trouver de nouvelles sources potentielles de financement qui assureront la participation économique des clientèles qui profitent directement ou indirectement du système de protection. 

Résultats des travaux amorcés en 2002, la SOPFEU obtient sa certification ISO 9001:2000. Une première mondiale pour une organisation de lutte contre les incendies de forêt.

UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE DIFFICILE

2001
La saison 2001 s’amorce hâtivement avec un printemps sec où 40 % des incendies ont lieu. Au total, la saison comprend 970 incendies et 1 358 ha affectés. Dès le 27 mai, une évacuation préventive est faite à Némiskau et 311 personnes doivent quitter leur domicile.

Le 27 juin, dans le cadre des opérations de suppression, un pompier est blessé gravement lors de l’écrasement d’un hélicoptère près de la Rivière Mistassini.

Un groupe de travail est formé afin d’analyser les conséquences et les limites d’une application plus serrée de la Loi sur les forêts. Selon les conclusions de ce groupe, il appert qu’une application stricte de la loi exigerait plus en énergie et en ressources qu’elle ne donnerait de résultats spécifiquement en prévention. Cette avenue n’est donc pas retenue.
Campagne de prévention lancée en 2001

2002
Cette saison s’inscrit sous le signe des contrastes météorologiques. Alors que juillet, août et septembre présentent des records de sécheresse et de chaleur, les mois de mai et juin sont froids et pluvieux. Les superficies détruites au cours de la saison s’inscrivent presque toutes en juillet où 187 incendies ont lieu et 231 550 ha de forêt sont affectés. En septembre, 202 incendies prennent naissance, un phénomène inusité pour cette période de l’année.

Des feux hors contrôle au nord du Lac-Saint-Jean suscitent l’intérêt des médias qui souhaitent se rendre sur les lieux. « Le cabinet ministériel souhaitait être constamment informé des développements, ils ont même dépêché un attaché politique au Centre provincial de lutte qui y est resté jusqu’au rétablissement de la situation », se souvient Gérard Lacasse, coordonnateur à l’information. Par la suite, le ministre Gendron autorise un convoi des médias à se rendre sur les lieux en déclarant que la SOPFEU a toute sa confiance.

La Société doit faire face à un contexte économique difficile comportant un gel de cotisations générales. Une large consultation est tenue auprès du personnel pour évaluer des pistes d’économie. 

Des modifications aux règlements généraux sont apportées dans le but de reconnaître comme membres de la SOPFEU les détenteurs d’un contrat d’aménagement forestier, d’une convention de garantie de suppléance ou d’aménagement forestier.

Tout le personnel travaille à l’implantation du système de gestion de la qualité, ISO 9001-2000. 

2003
Pour une deuxième année consécutive, la SOPFEU doit faire face à un contexte économique difficile et ses cotisations générales ne sont pas augmentées. 

Les activités moins importantes permettent à la SOPFEU de venir en aide aux provinces de l’Ouest où 113 personnes se rendent en renfort.

Les pompiers forestiers qui travaillent en renfort en Colombie-Britannique en 2003


Afin d’examiner des pistes de solution pour les compressions financières demandées, un comité ad hoc composé de cinq administrateurs est formé. Certaines des mesures suggérées sont appliquées dès l’année suivante. De plus, un second comité de travail, composé d’administrateurs de la SOPFEU et de la SOPFIM, est formé pour rechercher d’éventuelles pistes de synergie entre les deux organisations.

Afin de prévenir que des feux naissent en zone restreinte et se propage en zone intensive, les frais liés à la zone tampon sont maintenant à la charge de l’ensemble des membres de la SOPFEU. En zone de protection restreinte, des sessions de formation sont dispensées par la Société. Les frais liés à cette démarche sont assumés conjointement par Hydro-Québec, le MRNFP et Affaires indiennes et Développement du Nord Canada.

Dans l’objectif d’améliorer les délais d’intervention sur les incendies, le conseil d’administration donne son aval pour la construction d’une piste d’atterrissage pour les avions-citernes à Rivière Bonnard.

Enfin, le groupe de travail sur les mesures préventives a émis des recommandations pour régionaliser l’interdiction de faire des feux à ciel ouvert ou à proximité au même titre que la restriction de travaux en forêt. Cette formule est retenue dans le but d’optimiser les bénéfices découlant du recours aux mesures préventives.

2004
La saison calme que le Québec connaît en ce qui a trait aux incendies de forêt permet de prêter assistance aux autres provinces.

L’année est à nouveau marquée par des compressions budgétaires. L’organisation a été en mesure de rencontrer la cible mais les restrictions demandées depuis quelques années fragilisent sans cesse l’organisation.


LES ÉVÉNEMENTS MARQUANTS DE LA SOPFEU

1998
L’année est relativement calme en ce qui a trait aux incendies de forêt, cependant il en est tout autrement pour les relations de travail qui sont tendues. Malgré des séances de conciliation entre l’employeur et le syndicat, aucune entente n’est encore conclue et les conventions de travail sont échues depuis déjà deux ans. Les employés choisissent donc d’exercer des moyens de pression afin de signifier leur impatience face à la situation. Pour inciter à un retour à l’ordre, le gouvernement du Québec assujettit la SOPFEU aux dispositions du Code du travail sur les services essentiels, une première pour la Société. 

Dans le cadre des opérations, un avion d’aéropointage de type King Air 90 s’écrase à flanc de montagne lors d’une mission d’arrosage sur un incendie, à Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix. Heureusement, le pilote et l’aéropointeur s’en sortent la vie sauve.

En juin, la pluie fait chuter les indices ce qui permet à la SOPFEU de prêter massivement des ressources humaines et matérielles aux autres provinces.

À présent, la SOPFEU est munie d’un site Internet qui rend accessible à ses membres un bon nombre d’information dont les mesures préventives.

Campagne de prévention amorcée en 1998
Sous le thème « La négligence c’est faire un trait sur la forêt », le Service de l’information a lancé une nouvelle campagne destinée aux utilisateurs de la forêt. Également, une participation à l’émission « Accès interdit » sur les ondes de TQS permet à l’organisation de bénéficier d’une très bonne tribune pour présenter au grand public ses activités.

Au cours de l’hiver, le personnel de la SOPFEU est mis à contribution pour une mission hors de l’ordinaire comme l’explique Daniel Normand: « une quarantaine de personnes ont été envoyées sur le terrain afin de participer aux travaux concernant la crise du verglas. Les équipes s’occupaient de couper la glace à la scie mécanique et de couper les branches brisées par le poids de la glace. C’était un travail assez difficile notamment en raison des pannes de courant qui sévissaient partout au sud de Montréal.»

1999
La saison tient en haleine les ressources de l’organisation du début à la fin avec un total de 1 005 incendies et des superficies détruites de 27 806,8 ha. Parmi ceux-ci, un incendie dans le secteur du Parc des Grands-Jardins affecte 5 197 ha et un autre aux abords de la ville de La Baie se propage sur 1 285 ha. Sur la Côte-Nord, d’autres incendies d’importance surviennent, notons entre autres, un incendie près du lac Brochet et au nord de Natashquan.

La Société participe à quatre reportages télévisuels valorisant ses services et sa mission, un exercice qui permet d’augmenter la reconnaissance de l’organisation. De plus,  la saison active permet à l’organisation de bénéficier d’une excellente couverture médiatique. 

2000
Avec un total de 475 incendies et 794 ha de forêt affectés, la saison 2000 est l’une des plus calmes jamais connues. Les périodes les plus actives ont lieu en mai et juillet alors que 212 incendies et 554 ha de forêt sont brûlés.

Sur le territoire sous protection restreinte, on dénombre 41 incendies qui ont couvert 38 414,4 ha. Cette situation entraîne deux évacuations préventives. La première près de LG-4, le 16 juillet, et la seconde à Kuujjuarapik, le 30 juillet.

LE NOUVEAU MODÈLE DE PROTECTION MIS À L’ÉPREUVE

L’année 1995 sera particulièrement éprouvante pour le personnel et plusieurs s’en souviennent encore comme une année exceptionnelle de la Société: « L’évacuation de la ville de Parent ainsi que la charge de suppression provinciale a été étalée sur toute la saison à un rythme effréné, et ce, sans aucun répit. Il faut se souvenir que c’était la seconde saison subséquemment à la fusion des Sociétés de conservation avec la mise en place de nouvelles équipes de gestionnaires. C’était, également, l’une des premières fois que nous importions du personnel de l’extérieur du Québec » relate Ken Bérubé, directeur de la base de Maniwaki.

Durant la saison de protection, 1 145 incendies frappent les forêts québécoises brûlant ainsi 195 576 ha en zone de protection intensive. En zone de protection restreinte, 120 incendies sont recensés et affectent 530 932 ha.
Pompier forestier au travail lors d’un incendie de forêt

La Société fait régulièrement les manchettes en raison de l’évacuation du village de Parent et de feux majeurs qui surviennent en Gaspésie, en Haute-Mauricie et en Abitibi. Gérard Lacasse, coordonnateur à la prévention et à l’information, se souvient de cette période: « Lors de l’évacuation de Parent, la Sécurité civile à Trois-Rivières avait fait des interventions médias contradictoires aux nôtres. De plus, la diminution du nombre d’avions-citernes avait été soulevé par certains pour nous mettre dans l’embarras. Tous les réseaux médiatiques étaient braqués sur la SOPFEU. À ce moment, le ministre Gendron avait appuyé publiquement la SOPFEU dans ses efforts. » Afin d’en appeler au calme, tout est mis en œuvre pour informer et rassurer les sinistrés, dont des rencontres d’information, pour expliquer les interventions possibles. 

Une mesure d’interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité est mise en vigueur à trois reprises pour un total de 29 jours. Une fermeture de la forêt est décrétée par le ministre du MRN pendant six jours sur plus de 10 % du territoire de la zone de protection intensive. Quant à elles, les opérations forestières ont aussi été perturbées par des restrictions ou des arrêts durant une vingtaine de jours.

Toujours sous contrat pour une période de cinq ans, la flotte de 33 avions de détection patrouille le territoire du 25 avril au 15 septembre. Daniel Normand, directeur du centre provincial de lutte se souvient: « Plus de 10 000 heures de vol ont été effectuées par les avions de détection. Le 30 juin, 110 feux de foudre sont allumés. C’était la première grosse saison pour la SOPFEU, mais aussi le premier accident mortel lors d’une opération de détection, le 17 juin.» 

Cette saison hors du commun incite la SOPFEU à tenir une consultation, dès l’automne, auprès de ses membres dans le cadre d’un processus d’amélioration continue de ses opérations. De cet exercice, mené par les CRPF, ressortent trois thèmes méritant une analyse plus approfondie: l’application des diverses mesures préventives, l’implication des membres lors du combat des incendies et le niveau de la flotte d’avions-citernes ainsi que le nombre d’équipages.  Sylvain Tremblay, directeur de la base de Roberval, résume l’année 1995 et la suivante comme ceci: « Ces deux années ont été marquantes par les nombreux feux de foudre qui ont mis à l’épreuve l’organisation et qui ont révélé au grand jour ses nouvelles capacités autant que les défis qui devaient être relevés pour en faire une machine bien rodée. »

Résultant des consultations amorcées à l’automne 1995, un plan d’amélioration est mis en place afin d’intégrer des mesures concrètes visant à accroître la qualité des interventions de la Société. Premièrement, les mécanismes d’application des mesures préventives sont révisés pour une meilleure synchronisation lors de leur utilisation. Deuxièmement, le programme de rationalisation de la flotte d’avions-citernes est revu et établi à 14 appareils. Également, un guide pour l’utilisation des hélicoptères est intégré aux opérations. Troisièmement, une politique opérationnelle sur la mise en place d’une organisation de feu de stade majeur incluant des liens avec la Sécurité civile est élaborée. Enfin, la taille de l’effectif de la Société est révisée et revue à la hausse.

1996
Sans avoir l’effervescence médiatique de l’année précédente, 1996 revêt, elle aussi, plusieurs facteurs d’exception. Tout d’abord, elle se distinguera par le nombre de feux en activité dans la même journée. Gérard Lacasse se remémore cette année comme suit: « Le 13 juin 1996, il y avait 378 incendies de forêt en activité au Québec.  Cette situation n’avait jamais été vue et n’a jamais été revue depuis. Quelques semaines plus tard, c’était le déluge du Saguenay et, par le fait même,  la fin des feux. » Comme le rapporte Daniel Normand, l’expertise de la Société est mise à contribution pour aider une toute autre vocation: « À Québec, nous avons fait la gestion des hélicoptères pour la Sécurité civile. Notre mission était d’approvisionner les pharmacies en médicaments car celles-ci étaient isolées en raison de l’effondrement des routes.»

Au total, 1 120 incendies sont combattus détruisant 243 817 ha en zone de protection intensive. Sur le territoire sous protection restreinte, 130 incendies sont enregistrés et affectent 447 772 ha. De ces feux, certains retiennent l’attention dont celui à proximité de Radisson sur le territoire de la Baie-James. Ce dernier sera combattu par le service d’incendie de la municipalité avec l’aide d’une quarantaine de pompiers de la ville de Montréal. Pendant ce temps, les effectifs de la Société étaient tous engagés au combat dans la zone de protection intensive. En septembre, la SOPFEU est en mesure d’intervenir sur un incendie constituant une menace pour la communauté de Longue-Pointe-de-Mingan sur la Côte-Nord.

Dorénavant, la Société est reconnue comme un service de formation par la Société québécoise de développement de la main-d’œuvre (SQDM). En cours de saison, un coordonnateur à la  formation est nommé en vue de permettre une planification et un suivi encore plus rigoureux des actions posées.

1997
Pour une troisième année consécutive, la foudre s’abat sur le Québec de façon importante favorisant une ignition instantanée de multiples incendies. Au total, 819 incendies ont embrasé 93 753 ha de forêt en zone de protection intensive. De ce nombre, deux incendies ont particulièrement fait parler d’eux en raison d’évacuation des villages de Val-Paradis (nord de l’Abitibi) et de Wemotaci (Haute-Mauricie). Afin de protéger la communauté de Wemotaci, plusieurs moyens sont mis en œuvre: «  Nous avons été dans l’obligation de faire un contre-feu qui a été supporté par plusieurs avions-citernes », se souvient Ken Bérubé, directeur de la base de Maniwaki.

Des mesures préventives sont appliquées en cours de saison. La mesure d’interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité est mise en vigueur pour un  total de 20 jours alors que les opérations forestières sont perturbées pendant neufjours. Quant à elle, la mesure d’interdiction de circuler en forêt qui est décrétée par le ministre des Ressources naturelles est appliquée à deux reprises, soit quatre jours, pour des territoires restreints.

L’ajout de l’île René-Levasseur et d’un important territoire contigu à l’ouest et au nord de cette île augmente la superficie à protéger. Sur la Basse-Côte-Nord, à l’ouest et à l’est de Havre-Saint-Pierre, trois territoires sont également inclus faisant passer la superficie totale à protéger au Québec à
52 087 325 ha comparativement à 48 582 855 ha en 1994.

En raison de l’agrandissement du territoire, trois aéronefs sont ajoutés à la flotte de détection portant le nombre à 36. Pour les
avions-citernes, le nombre est toujours de 14 alors que les avions bimoteurs chargés de l’aéropointage ils s’établissent à 10 appareils. Afin de faciliter les opérations, ces derniers ont été dotés de console de radiocommunication.

À nouveau, plusieurs mandats concernant le plan d’amélioration sont réalisés. Tout d’abord, de nouvelles sources de combattants qualifiés sont identifiées portant à 366 le nombre de personnes disponibles ayant reçu la formation de huit heures de combattants occasionnels. Également, un comité sur la protection des infrastructures en forêt travaille à la conception d’un document recommandant une série de mesures. Enfin, en réponse à un besoin exprimé par les équipes de gestion de feu de stade majeur, le premier centre de commandement mobile est aménagé et permet d’avoir les outils nécessaires à la prise de décision directement sur le terrain.

La SOPFEU investit beaucoup d’efforts dans le développement de ses ressources humaines et matérielles. Les stratégies adoptées dans le combat des incendies semblent porter fruit de même que les efforts déployés en prévention des incendies de cause humaine.

Sans conteste, ces trois années permettent de tester la structure opérationnelle en période d’activités et démontrent le bon fonctionnement de la Société.


LA NAISSANCE D’UNE SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE SOUS UN MODÈLE UNIQUE AU MONDE!

Issue de l’unification des sept Sociétés régionales de conservation, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) voit le jour officiellement le 1er janvier 1994, devenant ainsi l’unique intervenante en la matière dans la province.

Dès lors, la Société se voit dotée d’une mission qui lui est propre: « Optimiser la protection des forêts contre les incendies en vue d’assurer la pérennité du milieu forestier au bénéfice de toute la collectivité, et cela, au meilleur coût possible. » 

Aménagement d’un nouveau siège social à l’Aéroport international Jean-Lesage deQuébec

La restructuration en profondeur du système de protection a pour objectif d’en augmenter l’efficacité et d’en réduire les coûts. Pendant deux ans (1992-1993), des travaux d’unification s’effectuent. Gaétan Lemaire, ancien directeur des opérations régionales, se remémore la situation ainsi: « Avant la création de la SOPFEU, plusieurs personnes savaient qu’il existait des façons plus performantes pour protéger les forêts. Cependant, la saison 1991 a été le moment décisif et, par la suite, des comités se sont formés afin d’évaluer concrètement des pistes de solution. À l’époque des Sociétés régionales de conservation, chaque gérant devait rendre des comptes à son conseil d’administration et il y avait très peu de collaboration entre les régions. C’est notamment ces barrières que la refonte visait à faire tomber ce qui était tout à fait logique du point de vue opérationnel.»
Conférence de presse à Québec pour annoncer la création de la SOPFEU

Avec la refonte du système de protection, le maintien de l’implication régionale demeure au cœur des préoccupations des responsables de la réforme. Des conseils régionaux de protection des forêts (CRPF) sont donc implantés afin de fournir une tribune aux différents intervenants forestiers. Au nombre de trois, les CRPF (Est, Centre et Ouest) ont pour rôle de définir les orientations régionales en matière de protection des forêts contre le feu,  de se prononcer sur le plan d’organisation et de déléguer cinq membres chacun pour siéger sur le conseil d’administration. 

La fusion des sept Sociétés régionales de conservation amène également son lot de changements pour le personnel. La répartition du personnel est maintenant divisée entre les quatre bases principales (Baie-Comeau, Roberval, Maniwaki et Val-d’Or) et le siège social à Québec. À ce moment, la décision est prise de construire de nouveaux bâtiments aux aéroports de Québec, Baie-Comeau, Roberval  et Val-d’Or. Le transfert dans les nouveaux locaux de Val-d’Or et de Roberval entraîne une relocalisation de Mc Watters et de St-Honoré. Dès octobre, les employés du siège social de Québec emménagent dans leurs nouveaux locaux alors que pour les trois autres bases cela se fait au début de la saison de protection. Cette situation entraîne la relocalisation de plusieurs employés: 66 employés permanents déménageront sur un total de 155.
M. André Lessard directeur général de la SOPFEU de 1994 jusqu’à 2010
Comme se rappelle Gaétan Lemaire: « Durant les trois années précédant la fusion, des moyens de communication sont mis en place. Cependant, la réflexion qui a amené à la création de la SOPFEU a été très longue et plusieurs scénarios ont été envisagés créant un climat d’incertitude auprès des membres du personnel.»

Le ministre des Ressources naturelles Christos Sirros
 présent lors de la conférence annonçant la création de la SOPFEU
La mise en place d’organigrammes identiques dans les quatre bases demande à plusieurs employés d’apprendre de nouvelles tâches et requiert une période d’adaptation. La formation constitue dès lors l’une des priorités de l’organisation. À compter de l’automne 1994, un comité est instauré afin d’assurer la standardisation et la coordination des formations dispensées à l’ensemble de la Société. François Lefebvre, actuel directeur général de la SOPFEU, se souvient: « En tant que secrétaire-exécutif de la Fédération des sociétés de conservation du Québec, j’ai participé aux toutes premières discussions qui ont conduit à l’analyse du système de protection et à sa refonte. Après de nombreuses discussions et modifications, le ministre Albert Côté a retenu la proposition qui a conduit à la SOPFEU au 1er janvier 1994.»
La disponibilité d’un réseau informatique efficace se positionne comme un enjeu de taille alors que le système d’information sur les incendies forestiers (SIIF) doit présenter des données identiques et en temps réel au siège social et dans les quatre bases principales. Afin de disposer de données précises sur la situation en forêt, trois techniciens en forment l’équipe météo au siège social de la SOPFEU. Ils doivent effectuer un suivi météorologique rigoureux et en tenir informés les responsables du centre provincial et des centres régionaux de lutte. 

La Société accorde une importance majeure à la prévention. Pour ce faire, une équipe de communicateurs est formée autant en bases principales qu’au siège social. Ces agents à l’information contribuent à informer et à sensibiliser la population sur la situation et les comportements à adopter en forêt.

Le territoire protégé par la SOPFEU est délimité par le ministre des Ressources naturelles. En zone de protection intensive, tout incendie qui y est découvert, est attaqué et éteint dans les plus brefs délais.  Les frais sont alors divisés à part égale entre le ministère des Ressources naturelles (MRN) et les membres de la Société. En zone de protection restreinte, les feux  sont combattus lorsqu’ils sont une menace pour les humains ou les infrastructures essentielles. Chaque intervention est alors évaluée et les frais de suppression sont à la charge du MRN, sauf si le feu est causé par des travaux industriels. Des ententes particulières de protection pour l’île d’Anticosti et les Îles-de-la-Madeleine sont conclues entre le MRN et la Société. Enfin, un plan de protection pour le territoire de la Baie-James est aussi réalisé.

Conformément à la proposition de l’étude sur le système de protection, la SOPFEU met sous contrat, pour une période de cinq ans, 33 monomoteurs Cessna 182 RG dont leur utilisation est exclusivement pour la détection des incendies. Le principe de mobilité provinciale s’applique et ces aéronefs sont déplacés selon les besoins des différents secteurs.

Également, le comité exécutif prend des orientations stratégiques en ce qui a trait aux avions-citernes. Une réorganisation du mode d’opération est mise en place. Elle se résume comme suit:

- Une participation de la SOPFEU dans la gestion de la flotte d’avions-citernes. Ainsi, un comité de liaison qui comprend des membres du Fonds du Service aérien gouvernemental (FSAG) et de la SOPFEU participe aux décisions importantes telles que le mode d’opération et le financement. Il est également statué que le FSAG continuera d’être l’opérateur responsable des avions-citernes. 

- Il est prévu que dès 1999, la flotte d’avions-citernes sera réduite à 10 appareils ce qui devrait entraîner une diminution des coûts de gestion de 2 M$ par année. 

- Enfin, le rapprochement entre le FSAG et la SOPFEU doit faciliter la commercialisation des services d’avions-citernes à l’extérieur de la province lorsque la situation est propice à ce type de prêt.

Le système de protection québécois qui est mis en place en 1994 revêt un caractère unique qui suscite l’intérêt d’organismes extérieurs. 

Il va sans dire que le caractère calme que connaît  la saison de protection 1994 facilite grandement l’organisation de la Société. En effet, cette année est la moins active des 22 années la précédant avec 463 incendies et une superficie touchée de 2 179 ha.

lundi 15 août 2016

LE FEU UN ALLIÉ POUR LA BIODIVERSITÉ

Le feu a besoin des plantes

Saviez-vous que le feu n’a pas toujours existé ? En effet, il y a plus de 440 millions d’années, le nombre de plantes n’était pas suffisant pour créer assez d’oxygène dans l’atmosphère, un élément essentiel à la combustion. Plusieurs sources de chaleur comme les volcans et les éclairs étaient présentes, mais pas le feu. C’est lorsque la production d’oxygène a été assez importante que les premières traces de végétation calcinée ont été trouvées. À cette période, les chercheurs ont démontré que l’apparition du feu n’a pas modifié la répartition de la couverture végétale, mais au contraire, a aidé à sa prolifération. En effet, plusieurs plantes ont besoin du feu pour survivre dans leur habitat.

La flore a besoin du feu

La fréquence des incendies en forêt boréale a amené cette dernière à s’adapter à ces perturbations. Rapidement après le feu, la nature reprend ses droits. La période de l’année, la superficie ainsi que la sévérité de l’incendie de forêt sont intimement liées à sa biodiversité. 

En forêt boréale, des espèces d’arbres et de plantes bénéficieront du feu et de sa chaleur pour naître ou renaître de leurs cendres. Après le passage d’un incendie, l’un des premiers végétaux à s’installer est la morille de feu, un champignon très convoité. On y retrouvera aussi les bleuets qui profiteront des bienfaits du feu pour se développer.

Les arbres comme le tremble, le pin gris, le bouleau blanc se régénéreront très rapidement après un incendie. Pour se faire, certains feront des rejets de souche qui germeront et permettront leur renaissance. Pour d’autres espèces comme le pin gris, ce sera la chaleur du feu qui permettra aux cônes de s’ouvrir pour libérer ses graines. 

Les insectes ont besoin du feu

Au Québec, après le passage du feu, certains coléoptères plus particulièrement les longicornes, présents dans les secteurs avoisinants, coloniseront les brûlis. Ils y laisseront leurs œufs qui deviendront des larves. Ces derniers se nourriront tout au long de leur métamorphose des nutriments de l’arbre. Ils aideront ainsi le bois à se décomposer. La putréfaction du bois nourrira le sol et permettra à la nouvelle végétation de s’installer.

Les vertébrés ont besoin du feu

Certains animaux recherchent des espaces dégagés pour se nourrir, s’établir et se protéger. L’incendie ayant fait disparaître le couvert forestier, la forêt devient un lieu de convoitise pour plusieurs espèces d’animaux. C’est ainsi qu’au Québec, on retrouvera des populations plus importantes d'espèces d’oiseaux, comme les pics à dos noir ou rayé, dans les brûlis. La présence des longicornes leur servira de nourriture et ils construiront leur nid dans cette forêt perturbée par le feu.

Références

IMPACTS DE LA COUPE DE RÉCUPÉRATION APRÈS FEU SUR LES COLÉOPTÈRES ASSOCIÉS AUX BRÛLIS EN FORÊT BORÉALE : UNE DYNAMIQUE TEMPORELLE, BOUCHER JONATHAN, 2010
SAPROXYLIC BEETLES IN DISTURBED BOREAL FORESTS: TEMPORAL DYNAMICS, HABITAT ASSOCIATIONS,AND COMMUNITY STRUCTURE1, BOUCHER, JONATHAN AND AL., ÉCOSCIENCE, 19 (4): 328-343 (2012)
DIFFERENTIAL RESPONSE OF BIRD FUNCTIONAL TRAITS TO POST-FIRE SALVAGE LOGGING IN A BOREAL FOREST ECOSYSTEM, AZERIA AND AL., ACTA OECOLOGICA 37 (2011) 220E229 
HIGH CONSERVATION VALUE FORESTS FOR BURN-ASSOCIATED SAPROXYLIC BEETLES: AN APPROACH FOR DEVELOPING SUSTAINABLE POST-FIRE SALVAGE LOGGING IN BOREAL FOREST, BOUCHER, JONATHAN AND AL., Insect Conservation and Diversity (2016) doi: 10.1111/icad.12175, 2016
http://www.rncan.gc.ca/forets/rapport/perturbations/16393
http://www.rncan.gc.ca/forets/feux-insectes-perturbations/besoin-des-forets/13082
http://www.rncan.gc.ca/forets/feux-insectes-perturbations/feux/13150

samedi 30 juillet 2016

L’IMPORTANCE DU CLASSEMENT DES PEUPLEMENTS FORESTIERS

Deux fois par jour, le Service météo calcule des indices permettant à l’équipe de la SOPFEU de se préparer à intervenir sur des incendies. Une adéquation entre les prévisions météo et le type de peuplement forestier fournit au personnel de lutte aux incendies de forêt le danger d’incendie en forêt, l’intensité ainsi que la vitesse de propagation d’un feu. Il devient alors primordial pour la SOPFEU d’avoir une bonne cartographie du combustible forestier.

Pour se faire, la Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies (MCPCI) définit 16 types de combustibles, c’est-à-dire 16 prédominances de la forêt québécoise, qui ont un impact direct dans le comportement des incendies. Puisque la forêt vit régulièrement des perturbations comme le feu ou encore des épidémies, il est important pour la SOPFEU et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) de faire des validations du territoire annuellement.

Chaque année, une équipe de la SOPFEU et du MFFP s’affaire à ratifier ou à modifier les données de cette cartographie. Afin d’avoir une vision du combustible réaliste, le groupe est formé d’un planificateur qui identifie l’échantillonnage des secteurs à visiter, d’un analyste des données forestières et des spécialistes en comportement d’incendie.

Sur les lieux, l’équipe survole tout le périmètre en aéronef afin de bien déterminer l’évolution de la forêt et de lui donner une prédominance selon la charte du MCPCI. Par la suite, l’équipe traite les données pour que l’information soit générée sous forme de tesselle. Cette information est inscrite à l’intérieur d’une division des latitudes-longitudes augmentant ainsi la précision de l’information. Ceci permet d’avoir une définition du territoire à une dimension d’environ 14 hectares (ha).
 
 

Le Service de la météo reprend cette donnée chaque année pour fournir une information juste et réelle à l’ensemble de l’organisation. C'est ainsi que la SOPFEU est capable de mieux prévenir, détecter et anticiper les situations d’incendie de forêt au Québec!

lundi 11 juillet 2016

LES ÉQUIPES DE GESTION DES FEUX MAJEURS


Lorsque la foudre embrase les forêts du Québec, ravageant quelques milliers d’hectares ou encore qu’un incendie de cause humaine menace des zones habitées, le déploiement d’une structure de gestion élargie devient parfois nécessaire. Aussi, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) dispose de deux équipes de spécialistes pour gérer de telles situations.


QUI SONT CES SPÉCIALISTES?


Chacune des équipes se compose de 11 membres, tous des spécialistes dans leurs champs d’activités respectifs soit le commandement, les opérations terrestres ou aériennes, la planification, la logistique ainsi que les finances et l’administration.


Dans leur quotidien, ces spécialistes travaillent dans une des bases d’opérations de la SOPFEU, quelque part au Québec. Lorsqu’une équipe est mobilisée, ses membres sont réunis sur un même site. L’objectif est fort simple : prêter main-forte à une région dans le besoin.




DES RÔLES BIEN DÉFINIS 

Le rôle principal des équipes de gestion consiste à établir des priorités et des objectifs de combat. En effet, lors d’incendies d’envergure, la présence de la population et d’infrastructures essentielles à la sécurité publique doit être considérée, en plus de la ressource forestière.


Tout comme le personnel en poste dans la région à laquelle elle vient en aide, l’équipe de gestion amorce sa besogne quotidienne dès l’aube du jour. Le gestionnaire de la section de la planification valide les prévisions météo et les objectifs établis, ajuste les croquis et identifie les valeurs à protéger en périphérie des incendies. Le gestionnaire des opérations suit attentivement le déploiement des équipes au sol ainsi que l’avancement des travaux. Le gestionnaire de la logistique s’assure que tous seront à la fois bien nourris et bien logés, qu’il y a suffisamment d’équipements de combat et de carburant pour les hélicoptères. Quant au gestionnaire des finances et de l’administration, il est à l’affût du temps du personnel et de l’équipement, du suivi des achats et des contrats ententes.   


POUR UNE PRISE EN CHARGE RAPIDE 

Pour faciliter une prise en charge rapide, la SOPFEU met à la disposition des équipes de gestion de feux majeurs des postes de commandement, des dortoirs mobiles et des remorques sanitaires. Toutes ces installations sont rapidement déplacées et installées à proximité des sinistres, de sorte que dès leur arrivée, les membres de l’équipe sont pleinement opérationnels. Les postes de commandement sont des remorques fermées offrant toutes les commodités nécessaires (salle de travail, radiocommunications, imprimantes, téléphones, internet, etc.).


Quand la nature tarde à collaborer, la guerre du feu devient difficile à gagner. Néanmoins, la SOPFEU met tout en œuvre pour livrer des combats honorables.

mardi 28 juin 2016

PLEINS FEUX SUR LE MÉTIER D'AÉROPOINTEUR

S’il en est un métier peu connu au Québec, c’est bien celui d’aéropointeur. Souvent éclipsé par les flamboyants avions-citernes, l’aéropointeur joue pourtant un rôle déterminant dans le combat des incendies de forêt.

Si l’avion-citerne ne part jamais sans lui, ce n’est pas sans raison!

À la fois analyste, contrôleur aérien et gardien de la sécurité des opérations de combat air-sol, ce spécialiste en comportement d’incendies de forêt appelé « aéropointeur » dirige les opérations de combat, du haut des airs.

Souvent le premier arrivé sur les lieux, il doit sécuriser l’espace aérien qui entoure l’incendie et gérer tous les déplacements d’aéronefs. En même temps, il survole le brasier afin d’analyser son potentiel et de repérer ce qui pourrait servir de coupe-feu ainsi que les valeurs à protéger. Alors, il planifie la stratégie d’intervention des avions-citernes.

La première analyse effectuée par l’aéropointeur constitue une étape cruciale. Selon l’heure de la journée, le comportement du feu, le peuplement environnant, l’indice de sécheresse en profondeur, la topographie, les conditions météorologiques présentes et à venir, l’aéropointeur sera en mesure d’établir une juste évaluation de l’élément  destructeur et de transmettre des informations essentielles au Centre régional de lutte, son quartier général. La première analyse qu’il effectue servira de base à l’organisation de la force terrestre qui sera dépêchée pour affronter l’ennemi.

À l’arrivée des avions-citernes, l’aéropointeur aura identifié les cibles à atteindre. Tout ça en quelques minutes qui s’avéreront cruciales. Il mesurera ensuite l’effet des largages sur le brasier. Son évaluation déterminera donc la durée de la mission des avions-citernes.

L’efficacité de l’aéropointeur 

L’efficacité de l’aéropointeur réside, en partie, dans sa capacité à tourner en rond! Paradoxal, n’est-ce pas? C’est que l’aéropointeur prend place à bord d’un bimoteur qui le mène rapidement au-dessus de l’incendie. Tout au long de la mission, qui peut durer jusqu’à 6 heures, l’appareil tourne autour du brasier, ce qui demande beaucoup d’endurance et un cœur ne souffrant pas du mal de l’air.

Au-dessus de la mêlée, l’aéropointeur joue un rôle stratégique en coordonnant tout le bal aérien. C’est l’aéropointeur qui détourne les aéronefs de l’espace aérien de l’incendie et qui autorise l’arrivée des appareils destinés à la lutte. Il doit également s’assurer que chaque pilote respecte l’altitude et la trajectoire établies pour éviter tout risque de collision entre appareils. Il est, en quelque sorte, une tour de contrôle volante. Il peut coordonner le travail de deux, quatre, six et parfois même jusqu’à une dizaine d’appareils sur un même incendie.

On comprend dès lors l’importance des communications radio pour l’aéropointeur et les membres des équipes de combat. L’échange d’information-clé, selon les points de vue terrestre et aérien, est un gage de succès.

Pour contrer les forces de la nature, alors qu’un incendie de forêt se déchaîne, il faut savoir mettre à profit autant les forces aériennes que terrestres. Le tout dans une perspective d’efficacité, de complémentarité et de sécurité opérationnelle. En ces quelques lignes se résument le savoir-faire et les défis que doit relever l’aéropointeur, chaque fois qu’un incendie de forêt nécessitant l’intervention d’avion-citerne est signalé.

Aéropointeur : une profession pour laquelle il y a peu d’élus

N’entre pas qui veut au sein de cette profession. Si cette fonction en était à ses balbutiements au début des années 70, la SOPFEU compte maintenant une douzaine d’aéropointeurs aguerris. Leur parcours est varié, mais le cheminement privilégié est d’avoir œuvré comme pompier forestier. La formation en foresterie est aussi bien importante. Outre l’aspect académique et l’expérience pratique, c’est le style de vie qu’impose la profession qui requiert le véritable feu sacré.

L’aéropointeur est appelé à effectuer de longues heures de travail. Partir en mission, c’est un billet « aller », sans garantie de retour le soir venu... ni même la semaine suivante! Un aéropointeur peut habiter à Maniwaki, travailler près de Val-d’Or dans la journée, dormir à Roberval, puis repartir le lendemain pour la Côte-Nord. Selon la situation des incendies dans la province, ses services seront requis là où les avions-citernes seront dépêchés.

À quoi carbure l’aéropointeur lorsqu’il n’y a pas de feu?

Quand on veut la paix, on prépare la guerre... Il refait ses munitions, surveille constamment le potentiel de l’ennemi éventuel, évalue ses stratégies, peaufine son savoir-faire et amène ses collaborateurs (les pilotes et les patrouilleurs de détection) à faire de même. L’aéropointeur sait qu’une guerre, même celle contre le feu, n’est jamais gagnée d’avance!

mardi 21 juin 2016

TOUT CE QUE VOUS DEVRIEZ SAVOIR À PROPOS DE NOS PANNEAUX D'INFLAMMABILITÉ: UNE INDICATION IMPORTANTE QUI NE SE FAIT PAS SELON L'HUMEUR DE NOS COLLABORATEURS

Bien que nous puissions tous avoir recours à la nouvelle technologie pour nous informer du danger d’incendie en temps réel avant d’aller en forêt, il n’en demeure pas moins que nos panneaux d’inflammabilité ont toujours leur utilité. Malgré notre site Internet, nos applications mobiles permettant la géolocalisation, nos fameux panneaux constituent des références pour les usagers de la forêt. 


Selon un sondage Léger Marketing, réalisé en 2015 pour le compte de la SOPFEU, 50% des personnes interrogées ont affirmé se référer aux panneaux d’inflammabilité pour s’informer du danger d’incendie. Il est donc important de s’assurer de la qualité de l’information transmise quotidiennement. Pour cette raison, annuellement, le Service de la prévention et de l’information de la SOPFEU doit effectuer un suivi rigoureux auprès des gestionnaires de ces panneaux que nous appelons nos collaborateurs.

Nos panneaux en quelques chiffres :
  • Au Québec, 221 panneaux d’inflammabilité installés en forêt afin de prévenir les incendies;
  • Annuellement, on estime la visibilité des panneaux d’inflammabilité à plus de 5 160 269 d’utilisateurs de la forêt;
  • On parle d’une moyenne de 22 732 utilisateurs par panneau.


Précisons que nous n’accordons pas de panneau à toutes les demandes que nous recevons annuellement. L’objectif de cet outil est de diffuser un dernier message de prévention aux villégiateurs et aux travailleurs avant qu’ils ne s’aventurent en forêt, loin de tout lien de communication. Dans notre analyse pour l’octroi des panneaux, nous tenons compte notamment, des liens de communication disponibles, de l’occurrence des feux de cause humaine, de l’achalandage et  du peuplement forestier. Nous devons identifier les vulnérabilités pour chacun des secteurs. Il peut arriver à l’occasion de voir une réplique d’un panneau d’inflammabilité. Si notre logo n’est pas sur le panneau, il ne nous appartient pas. Ce panneau n’est donc pas assujetti à un suivi rigoureux de notre part.  

Sans nos collaborateurs (gestionnaires de nos panneaux d’inflammabilité), il serait difficile, voire impossible, de s’assurer de la qualité et de la mise à jour quotidienne du danger d’incendie sur tout le territoire québécois.  Ainsi, nos collaborateurs comme certaines ZECS, pourvoiries, parcs et autres centres de villégiature s’engagent à mettre à jour le panneau afin d’indiquer aux usagers le bon danger d’incendie qui leur est fourni par la SOPFEU. 

Cependant, cette tâche ne se fait pas à la légère. C’est pour cette raison que nous procédons à des audits qui valident la bonne gestion des panneaux d’inflammabilité  de nos collaborateurs. Dans un délai de quatre ans, tous les panneaux doivent avoir été audités afin de s’assurer de la qualité du service.

Les audits de nos panneaux

Lorsque le personnel de la SOPFEU circule en forêt, nous leur demandons de vérifier l’état de nos panneaux, de l’emplacement et de valider le danger d’incendie. Un rapport est alors fait au Service de la prévention et de l’information de la base touchée. 
                                                                   

Annuellement, les agents à la prévention et à l’information de chacune des bases auditent des panneaux. Ils valident notamment, les éléments suivants : moyen de réception du danger d’incendie, mise à jour des coordonnées et  signature du protocole d’entente du panneau.  Lors de ces visites, les agents vérifient le danger d’incendie indiqué sur le panneau de même que son état. 


Lors des audits, nous y détectons des anomalies à corriger comme le mauvais emplacement du panneau, son état qui se détériore. Ces anomalies sont corrigées le plus rapidement possible.  Pour ce qui est de la non-conformité reliée à la mauvaise indication du danger d’incendie, des avertissements verbaux sont acheminés au collaborateur pris en défaut. Si la situation devient récurrente, un avis écrit est transmis afin de remédier à la situation. Puis, si la problématique perdure, le panneau est retiré. 

mercredi 15 juin 2016

DÉBUT DE SAISON 2016

Malgré un début de saison plutôt calme en ce qui a trait aux incendies, les derniers mois ont été passablement occupés pour le personnel de la Société. Tout d’abord, le contexte économique actuel a amené une demande du conseil d’administration à la direction générale afin de procéder à une analyse des façons de faire pour identifier des pistes dans le but de diminuer les frais de fonctionnement. Afin de réaliser cet exercice, la SOPFEU a retenu les services d’un consultant en optimisation M. Luc Godin afin de  rencontrer les services de l’organisation et de bien définir les tâches accomplies. Chapeauté par Gaétan Lemaire, directeur des projets spéciaux, les résultats de cette vaste étude seront connus cet automne.

La réalisation du Plan stratégique 2016-2019 a demandé beaucoup de travail au comité de gestion afin d’établir les enjeux et les engagements qui sont le plus susceptibles de faire avancer la Société vers les horizons souhaités. Récemment accepté par les membres du conseil d’administration, le plan sera présenté aux employés au cours des prochaines semaines.

L’implantation du système de commandement d’intervention (SCI) a nécessité un effort considérable pour élaborer les formations et par la suite une importante implication du personnel qui a reçu ces formations. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir dans ce dossier, mais les réalisations actuelles sont très encourageantes.

Le printemps tardif et peu chargé a permis l’envoi de 42 pompiers forestiers, 2 représentants d’agence et 4 avions-citernes à Fort McMurray en Alberta, un exercice plutôt rare aussi hâtivement en saison.

En ce début du mois de juin, je souhaite à tout le personnel une belle saison 2016 et je tiens à rappeler que la santé et la sécurité doit être au cœur de chacune des actions que vous posez.

mardi 7 juin 2016

INTÉGRATION DE LA SÉVÉRITÉ DU FEU DANS LES OUTILS D'AMÉNAGEMENT ÉCOSYSTÉMIQUE EN FORÊT BORÉALE

Jonathan Boucher, détenteur d’un doctorat en foresterie et contrôleur au Centre provincial de lutte à la SOPFEU, a tenu une conférence devant une douzaine de personnes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), le 13 avril dernier, afin d’expliquer le sujet de ses recherches qui portent sur la méthode de caractérisation de la sévérité du feu et des bénéfices que cette méthode pourrait apporter lors de la confection de plan de récupération écosystémique après feu.

Voici un résumé de sa conférence :

Chaque année en forêt boréale, les feux génèrent de grandes quantités d’arbres morts au Québec. Considéré comme une perte de revenu potentiel pour l'économie, le gouvernement demande qu'une partie de ces arbres soit récupérée. C'est d'ailleurs une pratique connaissant une tendance à la hausse au niveau mondial. Par contre, la récupération de ce bois est régie par diverses contraintes, dont la rentabilité des opérations et le respect des normes d'aménagement forestier écosystémique (AFE) visant la conservation de la biodiversité associée aux forêts brûlées. La mise en application de l'AFE nécessite de connaître l'impact du feu sur la forêt, et ce, de façon spatialement explicite.

Dans cette optique, nous avons d’abord évalué la sévérité du feu sur le terrain dans 60 sites d’études répartis à travers cinq brûlis. Nous avons ensuite évalué le potentiel du "differenced Normalized Burn Ratio (dNBR)", une méthode de télédétection développée par des chercheurs américains pour estimer la sévérité du feu, à offrir une représentation fidèle des conditions de terrain. Les résultats positifs de cette étape nous ont permis de considérer le dNBR pour bonifier les outils d’aménagement utilisés en forêts brûlées. Du point de vue de la rentabilité de la récupération, nous avons utilisé le dNBR pour prédire la densité des attaques de Monochamus spp. (Coleoptera : Cerambycidae), qui constituent une source importante de dégradation de la qualité du bois et incidemment de sa valeur. Les connaissances acquises sur l’écologie des Monochamus spp. et les modèles établis permettent de prédire les niveaux d’attaque de ces insectes en fonction de l’essence, du diamètre des tiges et de la sévérité du feu (dNBR). Ensuite, suivant le cadre de l'AFE, nous avons cherché à identifier les forêts à haute valeur de conservation pour la biodiversité, en utilisant les coléoptères saproxyliques comme groupe indicateur, et les variables clés que sont l’essence, la dimension des arbres et la sévérité du feu (dNBR). Cela nous a permis d’identifier six groupes d’espèces écologiquement liées, desquels nous avons identifié trois groupes ayant un fort lien avec l'habitat brûlé. Puisque ces trois groupes contiennent des espèces associées aux brûlis et qu'elles sont liées à des habitats prisés par la récupération, comme le pin gris et les tiges de gros diamètres, ces espèces pourraient être négativement affectées par la récupération.

Les résultats de nos travaux, grâce à l'utilisation d'un indicateur spectral de la sévérité du feu (dNBR) dans les outils d'aménagement, rendront possible l'optimisation de la récupération après feu, tant des points de vue économiques que de la conservation, et ce, dans le respect de l'AFE.